Histoire de Notre Ecole

Créé en 1925 sous le nom d'Institut Industriel d'Algérie, cet établissement ouvert en Octobre 1926, avait pour but de former des Techniciens Supérieurs destinés aux grands services publics et aux entreprises industrielles et de travaux publics.
L'Institut Industriel d'Algérie a fonctionné normalement jusqu'en 1942. Fermé à cette époque en raison de la 2ème guerre mondiale, il a été rouvert en 1945, rattaché au Secrétariat d'Etat à l'Enseignement Technique Français et réorganisé dans le sens d'une élévation du niveau des études. Celle-ci a permis en 1950 (J.O.R.F. du 27 Août 1950), la création du "Diplôme d'Ingénieur des Travaux Publics et du Bâtiment", délivré par le Ministre de l'Education Nationale, (Secrétariat d'Etat à l'Enseignement Technique). L'Institut prit alors le nom d'Ecole Nationale d'Ingénieurs des Travaux Publics et du Bâtiment.

 

En 1955, un programme d'évolution de l'Ecole fut mis à l'étude et entraîna la création de deux autres spécialités : Electrotechnique et Electronique. Les études des programmes d'évolution furent poursuivies et aboutirent en 1958 à la transformation de l'Etablissement en Ecole Nationale d'Ingénieurs d'Alger, destinée à former des ingénieurs dans les spécialités suivantes :
- Travaux Publics
- Bâtiment
- Electrotechnique
- Electronique
- Mécanique.

En Juin 1962, l'Ecole Nationale d'Ingénieurs d'Alger (ENIA) fut désertée par ses personnels administratif, enseignant et technique, et aussi par les étudiants. L'Ecole se "replia" en France et se répartit dans différentes Ecoles Nationales d'Ingénieurs: Strasbourg, Clichy,..., dans des sections spéciales. C'est ainsi que le diplôme d'ingénieur ENIA continua d'être délivré en France jusqu'en 1965. En Novembre 1962, l'Algérie ayant alors recouvré son indépendance, le Ministère de l'Education Nationale Algérien ordonna la réouverture de l'Ecole.Celle-ci a été transformée en Ecole Nationale Polytechnique par arrêté ministériel du 25 Juin 1963, confirmé par le décret du 29 Août 1966.


Quelles ont été les premières années d'existence de l'E.N.P ? Le retour de six professeurs de l'Ecole et l'arrivée de quatre nouveaux enseignants a permis, en Novembre 1962, la mise en place des structures pédagogiques suffisantes pour les 71 élèves-ingénieurs qui venaient d'être inscrits et répartis en 1ère et 2ème année. Il convient de signaler que les 24 étudiants de 2ème année venaient de différentes universités, en répondant à l'appel lancé en Octobre 1962 par le Ministre de l'Education Nationale ; ils interrompirent leurs études parfois bien avancées en licence es sciences et ont ainsi constitué la première promotion d'ingénieurs ENP; ils ont donné l'exemple du dévouement, par leur participation au développement économique du pays.
Le nombre des étudiants est passé successivement à 147 en 1963, 272 en 1964, 300 en 1965,… 556 en 1973 1600 en 2007. Après plus de 40 années d'existence, l'E.N.P peut se féliciter d'avoir assuré la formation de 7900 ingénieurs de niveau répondant aux critères imposés par les normes internationales.
Pour assurer son fonctionnement, l'E.N.P. a bénéficié, dès Octobre 1963, de l'aide de l'UNESCO qui s'est traduite par l'exécution de quatre projets.
Au cours des trois premiers dénommés, PNUD/UNESCO/ALG.001, 002 et 003, vingt neuf experts ont, d'Octobre 1963 à Juin 1971, participé activement et efficacement à la mise en place des structures devant permettre à l'Ecole de former des ingénieurs de niveau international. D'autre part, les bourses octroyées dans le cadre de ces trois projets ont permis de former à l'étranger, les enseignants devant remplacer les experts arrivés en fin de mission.
Les autres projets ALG/31 et ALG/86, mis en oeuvre respectivement d'Octobre 1971 à Juin 1975, et de Mars 1988 à Juillet 1995, ont concerné la post-graduation au sein même de l'Ecole et l'octroi de bourses pour la préparation, à l'étranger, de thèses de doctorat en Technologie. Au cours de ces deux derniers projets, les experts n'étaient pas en permanence à l'Ecole; leurs contrats prévoyaient des missions de deux semaines au maximum, pendant lesquelles ils assuraient des cours de post-graduation et dirigeaient les travaux de recherche appliquée des étudiants inscrits en Doctorat.
Ainsi, l'ENP a bénéficié de l'apport scientifique et pédagogique d'enseignants de très haut niveau, en leur qualité d'experts (PNUD ou UNESCO) ou de Coopérants Techniques. Ces enseignants venaient de divers pays tels que la Grande-Bretagne, la Suisse, la Pologne, la Roumanie, la Syrie, le Canada, l'Allemagne (RDA/RFA), l'ex URSS, la Bulgarie, la France, la Belgique, l'Inde, le Vietnam... ; plusieurs ingénieurs formés à l'Ecole ont continué en Doctorat avec certains de ces experts ou dans leurs établissements d'origine. L'Ecole a aussi formé des ingénieurs originaires de plusieurs pays d'Afrique et du Moyen-Orient, et quelques-uns, d'Europe.

L'aide de l'UNESCO, associée à celle de la coopération bilatérale, a permis surtout d'assurer la " relève" des enseignants coopérants, depuis pratiquement 1978.
Initialement rattachée à l'Université d'Alger de 1962 à 1973, puis à l'Université des Sciences et de la Technologie d'Alger, devenue Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediène, l'Ecole a acquis son autonomie en 1983.
Avant les années soixante-dix, l'élève ingénieur de l'Ecole Nationale Polytechnique d'Alger, avait la possibilité d'avoir une liaison contractuelle avec les entreprises. Cette liaison lui permettait de bénéficier de stages annuels, d'un présalaire et d'un recrutement garanti à la fin de sa formation. Ainsi les principaux stages programmés dans les cursus de spécialité de l'Ecole, étaient pratiquement assurés dans leur globalité. L'Ecole a aussi bénéficié de la collaboration de l'Industrie, dans la formation de l'Ingénieur, sous forme de conférences spécialisées et parfois même d'encadrement de certaines matières. Certains enseignants avaient aussi la possibilité d'exercer en tant qu'Ingénieurs-conseils dans le secteur industriel.
A partir du début des années quatre-vingt, et grâce à la réorganisation de la formation post-graduée, un nombre important de travaux de recherche a commencé à être effectué au sein de l'Université en général, et à l'Ecole en particulier, en ce qui concerne la Technologie. Malheureusement, la poussée démographique a rendu pratiquement impossible l'ancien type de relation suscité, et les seuls liens encore existants ne se résumaient qu'à certaines interventions dans l'encadrement de matières, de la part d'Ingénieurs du secteur industriel, et à un nombre réduit de stages effectués difficilement par les étudiants.
Au milieu des années quatre-vingt, l'Ecole a relancé ses relations avec l'Industrie et a organisé des journées d'Etudes afin d'aboutir à des relations conventionnelles entre les deux secteurs. L'Association des diplômés l'E.N.P. (ADEP) a vu le jour durant cette même période. Ses actions ont permis d'aboutir à la signature d'une convention cadre avec une trentaine d'entreprises. Ce type de convention a permis surtout la réalisation de stages, de projets de fin d'Etudes (5ème Année) et de travaux de recherche dans différents domaines intéressant l'Ecole, aussi bien en Magister, qu'en Doctorat d'Etat.
L'ADEP a été souvent sollicitée pour la recherche de sponsors dans l'organisation de la cérémonie de fin d'année (remise de prix aux lauréats), et de rencontres scientifiques nationales et maghrébines. Actuellement, l'Association organise des rencontres avec les élèves ingénieurs dans le domaine de l'emploi, ainsi que des Journées et des Conférences à caractère scientifique, technique et économique.
A l'instar des Clubs Scientifiques qui existaient durant les années quatre-vingts, le mouvement associatif, culturel et scientifique, a repris forme au sein de l'Ecole. Les deux premières associations TECHNO-POL et MAARIFA, ont déjà organisé des manifestations culturelles, et plus particulièrement des Conférences et des Journées portes ouvertes sur la création d'emploi. D'autres associations et clubs scientifiques sont actuellement en exercice.
Au début des années quatre-vingt-dix, et avec les nouvelles orientations économiques du pays, dirigées vers l'économie de marché, une nouvelle vision politique, suite à la crise socio-économique, a encouragé le renforcement des relations entre les Ecoles d'Ingénieurs et l'Industrie. Les travaux de Recherche effectués en collaboration avec l'Industrie étaient très bien perçus, mais restaient encore très limités. Une nouvelle législation sur les prestations de service à l'Université a été introduite, mais reste toujours en deçà des préoccupations des chercheurs qui souhaiteraient optimiser leurs activités de recherche, par la signature de contrat impliquant l'Ecole, par le biais du Laboratoire concerné, et l'Entreprise.
Depuis sa création, et surtout après son autonomie en 1983, l'Ecole a eu beaucoup de liens avec d'autres établissements d'enseignement supérieur et/ou de recherche, aussi bien en Algérie qu'à l'Etranger.
A l'échelle nationale, les enseignants de l'Ecole ont participé à plusieurs commissions sur les programmes d'enseignement, ainsi que sur l'évaluation et la progression pédagogique. Il leur a été fait appel pour plusieurs expertises dans ces trois domaines, et sur la mise en place de laboratoires pédagogiques et de recherche en Technologie. Ils ont aussi collaboré à la mise en marche d'établissements d'enseignement supérieur en Technologie et certains ont même occupé des postes administratifs importants.
Dans le domaine de la formation post-graduée, les structures de l'Ecole sont sollicitées par des chercheurs de différents établissements. Les travaux de recherche sont dans leur majorité publiés ou communiqués respectivement dans des revues scientifiques de renommée, et des congrès parmi les plus importants à l'échelle mondiale.
Durant la période 1995-1997, l'accès à l'Ecole s'est fait directement en spécialité pour une formation de trois années, après réussite aux études préparatoires aux sciences de l'Ingénieur, ou bien au Tronc Commun de Technologie.

En parallèle, l'ENP a contribué à la mise en place des Classes Préparatoires, auxquelles l'accès s'est effectué par voie de concours sur titre (classement après Baccalauréat, mention Assez Bien ou plus). Cette expérience a permis à l'Ecole d'améliorer ses programmes du cycle préparatoire. En effet, la spécificité de l'Ecole, caractérisée par la formation d'ingénieurs polyvalents, nécessite une formation de base très solide. Ainsi, et en attendant l'arrivée de candidats en troisième année, issus d'une formation de type classes préparatoires, le cursus de l'Ecole continuera à être effectué en cinq années.
Dans le même sillage, l'Ecole actualise périodiquement ses programmes de formation en spécialité, afin d'améliorer encore plus leur qualité, permettant d'avoir beaucoup plus de créateurs que de demandeurs d'emplois. Ainsi, et particulièrement depuis l'actualisation de Juin 1999, un pas a été fait dans le cadre de l'introduction de matières de Sciences Sociales et de Sciences Humaines, dès la première année. Un cours de langue vivante, en l'occurrence l'Anglais, est donné durant les cinq années de formation. Une grande place est aussi réservée à l'introduction des méthodes numériques dans plusieurs matières, rendant l'utilisation de l'outil informatique encore plus généralisée et aux stages en entreprise.
Les mêmes orientations ont été prises quant à l'utilisation de l'INTERNET. A cet effet, un réseau INTRANET a été réalisé et l'installation des réseaux locaux par structure, est bien avancée. Pour améliorer la prestation pédagogique, l'Ecole a enrichi et varié son fonds documentaire composé d'ouvrages les plus récents, et de périodiques de haut niveau. De même l'outil informatique a été introduit dans l'exploitation de ce fonds. Notre bibliothèque a conduit avec succès un projet Tempus en réseau avec 09 bibliothèques universitaires (RIBU).
En ce qui concerne la relation avec l'Industrie, l'Ecole a établi en 1995, en collaboration avec une vingtaine d'entreprises et l'Association ADEP, un nouveau type de conventions, permettant la signature de contrat afin d'assurer le fonctionnement et le financement de travaux de recherche. Ces conventions cadres ont été signées avec une trentaine d'entreprises et permettent déjà de définir une certaine forme de partenariat assez original. L'objectif visé est d'aboutir à la création d'un réseau d'entreprises et d'utilisateurs, suffisamment important pour rendre effective la prise en charge des stages des élèves ingénieurs, et que ces derniers soient introduits sérieusement dans la formation et pris en considération dans l'évaluation et la progression pédagogique. Certaines expériences aussi bien en graduation qu'en post-graduation, ont été communiquées dans des Congrès Mondiaux organisés par l'UNESCO ou sous l'égide de cette dernière. Dans ce même cadre, une rencontre ENP-Dirigeants d'Entreprises a été instaurée à partir du mois d'Octobre 1999. La première, co-organisée avec Environment Engineering Consult (EEC) et les Associations TECHNO-POL et MAARIFA, a ciblé les dirigeants, diplômés de l'Ecole, afin que l'Association des diplômés de l'ENP (ADEP) joue pleinement son rôle vis à vis des jeunes générations d'Ingénieurs formés par l'Ecole.
Dans le domaine de la recherche scientifique, certaines entreprises et organismes, à l'image de l'ENICAB, la SONATRACH, SONELGAZ, NAFTAL, AIR ALGERIE, NAFTEC, l'ENG, ORGM, ENOR, ENEL, ENIEM, SNVI/CVI, Banque Centrale d'Algérie, SAIDAL, MOUBYDAL, l'ENOF, et le CRD/SONATRACH, entre autres, ont permis la réalisation de plusieurs projets de fin d'études, de Magister et de thèses de Doctorat, à moindre coût pour l'Ecole et ayant un impact très important à l'échelle industrielle. Un nouveau type de partenariat à été développé entre l'ENP, le CRD/SONATRACH et l'ENOF conjointement, et a abouti à la réalisation d'un premier projet à caractère scientifique, technologique et économique très important. D'autres entreprises, à l'instar d'EEC sponsorisent certaines activités de recherche et organisent conjointement avec l'Ecole, des séminaires et des conférences scientifiques et techniques.
A l'échelle internationale, l'Ecole a signé des conventions de coopération avec des établissements de différents pays parmi ceux suscités. Actuellement la coopération se fait en grande partie avec la France, dans le cadre d'accords programmes, ou par de simples contacts entre laboratoires, permettant la réalisation de certains travaux de recherche nécessitant un environnement aussi bien humain que matériel, non disponible à l'Ecole. Quelques travaux ont été effectués ou se font aussi avec l'apport d'Etablissements britanniques, canadiens, belges, japonais, polonais, hongrois...

Actuellement, l'Ecole tend à élargir ses relations à l'échelle nationale et internationale par des conventions de coopération et d'échange inscrivant des programmes de travail permettant la réalisation de travaux nationaux, régionaux et internationaux. Le projet TOKTEN établi par l'Algérie et le PNUD a permis de bénéficier de l'expérience d'experts d'origine algérienne résidant à l'étranger.
D'autres projets pouvant être proposés aux organismes de l'ONU faciliteront le développement scientifique et technique auquel aspire l'ENP. Il est à ce sujet primordial d'avoir facilement accès aux réseaux internationaux de communication, d'information et de transfert des connaissances. L'adhésion de l'Ecole à de tels réseaux permettra un épanouissement certain de tous les établissements algériens qui lui seraient reliés, étant donné la spécificité des domaines concernés. Ainsi, l'Ecole collabore étroitement avec l'INRIA de Paris, et participe dans un consortium de recherche euro-méditerranéen sur les problèmes de l'eau, en association avec les technologies de l'information, dans le cadre du projet ESIMEAU et WADI. L'Ecole est membre du Réseau Méditerranéen des Ecoles d'Ingénieurs (RMEI). Enfin, elle a adhéré officiellement au programme "Ambassador School" de Schlumberger et depuis janvier 2008, l'ENP est membre de l'AUF. Elle s'est engagée progressivement dans une démarche "Qualité" à l'occasion de sa participation à un projet TEMPUS, concernant un consortium euro-méditerranéen de 22 établissements. Il y a également lieu de noter que l'Ecole a procédé à l'actualisation des programmes et la réorganisation de ses enseignements à la fin de ce 1er semestre 2008, en conformité avec la réforme de l'Enseignement Supérieur. Pour l'accompagnement de ce dossier ambitieux, l'Ecole a procédé à la mise en place de son Campus Virtuel et de la plateforme
e-learning.
L'Ecole est aussi un pôle de formation de formateurs. La post-graduation, Magister et Doctorat, évolue de manière dynamique, en adaptation avec le développement technologique. Il en est de même pour la Post-graduation Spécialisée, assurée pour les besoins des partenaires industriels de l'Ecole, mais qui reste à développer encore. Cette dynamique a évolué beaucoup plus avec l'ouverture du nouveau type de laboratoire de recherche. Depuis 1995, l'Ecole a enregistré à son actif la formation de quelques, 600 Magisters et 163 Doctorats.
Actuellement, la formation des élèves-ingénieurs, est assurée d'abord dans le département du 1er cycle durant deux années constituant un Tronc Commun Technologie. Ensuite, les élèves-ingénieurs sont orientés, par ordre de mérite, dans les départements de spécialité qui assurent les enseignements de onze spécialités de technologie.